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25 janvier : Paris – Fnac Montparnasse, à 17 h 30.
mercredi 23 janvier : librairie American Library, Paris.
American Library : 10, rue du Général-Camou, 75007 PARIS
renseignements 01 53 59 12 60
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Le prix du meilleur premier roman à été décerné dès le premier tour, à Dinaw Mengestu pour « Les belles choses que porte le ciel ».
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« Une peinture humaine, sensible et tendrement lucide de la diaspora africaine où l’humour enrobe le tragique. »
Valérie Marin La Meslée, Le Point.
« Dinaw Mengestu n’a pas trente ans. On lui en donnerait le double tant stupéfient son recul et ses fulgurances. Ce premier roman révèle un vrai talent. À suivre ! »Jeanne de Ménibus, Madame Figaro.
« De la grande histoire des peuples massacrés au petit drame des amours contrariées, ce Washington Transfer est bouleversant….
Au-delà de la complainte de l’immigrant moderne,
la beauté de ce livre tient dans le tempo du solitaire désabusé, flirtant avec l’impossible qui n’ose pas. »
Christophe Donner, Le Monde 2.
« Un des romans les plus doux et les plus tristes de la rentrée. Un livre sans rancœur sur la dérive des continents et des hommes, défaits par des mondes impossibles. »
Philippe Chevilley, Les Échos.
« Qu’il parle d’exil, de violence ou d’amour, c’est toujours avec justesse. La critique ne s’y est d’ailleurs pas trompée : le livre a recueilli une moisson d’éloges… Une écriture d’une grand maturité. »Olivia Marsaud, Jeune Afrique.
« Un beau roman teinté d’amertume et d’humour noir sur le déracinement. »Augustin Trapenard, Elle.
« Ma-gni-fi-que ! À recommander. »Daniel Pennac.
« Un roman remarquable où le rire et la lumière du ciel finissent par chasser le chagrin. Une des révélations de l’année. » L’Express.
« Un récit sobre, lancinant sur la solitude, l'exil mais aussi l'espoir,
salué outre-Atlantique par une presse enthousiaste. »Christophe Mercier, Le Figaro.
« Absolument bouleversant. Une écriture d’une grande force…
À coup sûr un des événements de la rentrée. » Page.
« Il devient rare, dans la production littéraire actuelle, de tomber sur un tel océan de douceur. L'écriture est un pur ravissement et
le regard de l'auteur sur la société américaine se révèle d'une rare finesse. Plongez dans ce premier roman, les belles choses
y sont légion. »François Bourboulon, Métro.
« Conte africain et cadrage à la Jim Jarmush, voilà ce que réussit
à merveille cet Américano-Éthiopien qui brasse avec maestria politique et sentimental, Shakespeare et Tchekov. »Fabienne Pascaud, Télérama.
« Illusions, désillusions, sentiment de vivre en marge et perpétuel bannissement, voilà ce qui émerge de ce premier roman
fantaisiste et mélancolique, tout baigné d’un calme étrange et
d’un certain fatalisme. »Raphaëlle Rérolle, Le Monde.
« Cet ouvrage déchirant, dont certaines pages rappellent Herzog
de Saul Bellow, est avant tout un grand roman sur l’Amérique d’aujourd’hui. »Claire Julliard, JDD.
« Un grand roman sur l’Amérique des exclus, l’exil, le déracinement,
qui renvoie à des vérités universelles. Mengestu se place d’emblée dans les nouvelles voix de la littérature contemporaine. »Le Nouvel Observateur.
« En abordant avec talent et originalité le thème peu traité de la diaspora africaine et de ses relations avec la communauté africaine-américaine, Mengestu a fait une entré très remarquée dans l’univers littéraire. »
Sylvain Bourmeau, Les Inrockuptibles.
« Le portrait émouvant d’un homme entre deux mondes, deux cultures, écartelé à tout jamais. Un livre plein de grâce et de tristesse. »
Paris-Match.
« Amer mais jamais larmoyant, inspiré par Naipaul autant que par Saul Bellow, un roman très émouvant où se dessinent les impasses de l’american dream… Un des très belles découvertes de cette rentrée. »
André Clavel, Le Temps (Suisse).
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Dans ce roman, quelle est la part de votre histoire et de celle de votre famille ? Comment avez-vous appris les détails de l’expérience vécue par votre famille ?
Ce roman est indéniablement un mélange de faits et de fiction. Les éléments réels du récit m’ont été racontés au fil de nombreuses années, parfois par hasard, parfois volontairement. Comme cela se passe souvent avec la fiction, un détail factuel devient le point de départ depuis lequel le récit peut démarrer. Mon oncle, par exemple, était avocat à Addis-Abéba, il a été arrêté et il est mort durant la Terreur rouge instaurée par le gouvernement. Les circonstances de sa mort, cela dit, ne sont absolument pas connues, ni de moi ni d’aucun autre membre de ma famille. De la même façon, j’ai un autre oncle, tout jeune homme à l’époque de la révolution, qui a bien fui l’Éthiopie pour le Soudan et, même si nous avons déjà discuté tous les deux de son périple, ce fut toujours en des termes relativement vagues et généraux, et c’est en partie de là que peut naître la fiction. Car cela vous permet de créer les détails qui ensuite donneront vie à une histoire.
Bien que votre roman soit écrit du point de vue d’un immigrant éthiopien, c’est aussi, d’une certaine façon, un roman africain-américain, dont l’action se situe dans un quartier essentiellement noir de Washington. Les immigrants africains peuvent-ils apporter une perspective nouvelle sur les relations raciales aux États-Unis ?
Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman africain, ni d’un roman africain-américain. Pour moi, c’est un roman sur l’Amérique, avec toutes ses identités concurrentielles, voire conflictuelles. Il est clair que, pour moi, noir et Africain, le fait de grandir en Amérique a eu sur mon écriture et sur ma vie une influence plus importante que ce que je pourrais vraiment exprimer, mais je me dois néanmoins de revendiquer la singularité de mon opinion et de ma perspective sur le sujet ; j’ai grandi et je vis aujourd’hui encore dans des communautés différentes, certaines essentiellement blanches, certaines essentiellement africaines-américaines ou africaines. À mon sens, s’il est une perspective nouvelle sur les relations raciales que peut apporter l’immigrant africain, elle vient de ce sentiment de ne jamais pouvoir s’identifier totalement avec une catégorie ou une autre.
Plus précisément, pourriez-vous nous parler des différences qu’il peut y avoir dans la façon dont les Africains-Américains et les immigrants africains ressentent la société américaine ? Que pouvez-vous nous dire des relations entre les deux communautés ?
Il n’y a évidemment pas de réponses courtes et simples à ces questions. Cela dit, j’aurais malgré tout envie de dire qu’il est très facile de ne pas comprendre à quel point certaines minorités, tout spécialement les immigrants africains et les Africains-Américains, peuvent se sentir déplacées et privées de tout pouvoir, éloignées des structures de pouvoir de ce pays, qu’il s’agisse du pouvoir politique, social ou économique. Quant aux relations entre les deux communautés, comme avec toutes les communautés intimement liées, c’est une question d’échanges, avec, donc, de nombreuses occasions de malentendus et de déceptions. À Washington, par exemple, de nombreux Africains-Américains ont réagi avec colère à la proposition de rebaptiser Little Ethiopia cette artère noire qu’est U Street. Cette colère, bien
Sépha Stéphanos, votre narrateur et protagoniste, vit un début de relation amoureuse avec une femme blanche qui emménage à côté de chez lui. Les obstacles qui se dressent contre cette relation sont-ils avant tout personnels, raciaux, économiques, ou bien s’agit-il d’une inextricable combinaison de tout cela ?
Dans le cas de Sépha, les obstacles sont vraiment un mélange de tous ces facteurs, mais la combinaison du racial et de l’économique est sans doute essentielle dans le roman. Je voulais montrer comment ces deux facteurs conjugués peuvent créer des gouffres apparemment infranchissables entre les gens. Depuis quelque temps, on prête une attention bien plus grande à la fracture économique et sociale, en Amérique, une fracture de plus en plus importante, et il se trouve que cette fracture, quand elle se double de la question raciale, renforce encore davantage les tensions.
Judith, la jeune femme blanche du roman, est professeur d’histoire américaine ; une de ses citations préférées vient du livre de Tocqueville, De la démocratie en Amérique : « Chez les peuples démocratiques, de nouvelles familles sortent sans cesse du néant, d’autres y retombent sans cesse, et toutes celles qui demeurent changent de face ; la trame des temps se rompt à tout moment, et le vestige des générations s’efface. » Cette citation décrit-elle encore aujourd’hui la dynamique fondamentale de la société américaine, qu’il s’agisse des immigrants ou des citoyens nés dans ce pays ?
Mon intérêt pour Tocqueville tient pour une grande part au fait que je trouve nombre de ses observations sur l’Amérique très pertinentes encore aujourd’hui. Tocqueville, tout en étant parfois très critique sur l’Amérique et son esprit démocratique, respectait néanmoins la nature dynamique de ce pays. Familles, langue, tout cela est constamment en mouvement et en évolution, c’est ce qui constitue en partie le grand mythe américain – et je n’utilise pas le terme de manière péjorative – qui veut que tout individu a la capacité de changer ses conditions de vie, d’améliorer son existence et de devenir une femme ou un homme totalement nouveau. Ce qui, bien évidemment, est aussi à relier directement à l’une des critiques habituellement adressées à l’Amérique, à savoir son absence de considération pour l’Histoire.
Pensez-vous qu’il y ait quelque chose de nouveau dans la dernière vague d’immigrants, ceux qui sont arrivés durant les dernières décennies ? L’expérience de ces gens est-elle fondamentalement différente de celle des immigrants européens du début du xxe siècle, par exemple ?
La carte ethnique de l’Amérique est de toute évidence en train de changer rapidement. La communauté hispanique est devenue la minorité la plus importante, en nombre, du pays, tandis que, simultanément, le nombre d’immigrants africains ne cesse d’augmenter. Il est clair que leurs expériences sont différentes mais, d’un autre côté, elles ne peuvent qu’être alourdies par les mêmes fardeaux, qu’il s’agisse de la discrimination ou des emplois mal payés.
À votre avis, qu’est-ce que votre roman a à dire aux lecteurs, quel que soit le contexte ethnique ou racial, sur la question de l’identité nationale ?
Je ne sais pas si les romans doivent avoir quelque chose à dire. Je crois qu’ils sont là pour compliquer et enrichir notre compréhension du monde, et c’est au lecteur de créer sa propre interprétation à partir du récit.
L’immigrant peut-il vraiment surmonter ce sentiment d’être coincé entre deux mondes que ressent Sépha ? Et dans ce cas, comment ? Quel est le prix à payer ?
Je suis certain que de nombreux immigrants parviennent à surmonter ce sentiment, même si je ne peux pas dire que j’en connaisse qui aient réussi. Je suis né en Éthiopie, mais j’ai grandi aux États-Unis, et pourtant, je continue à m’accrocher délibérément, et parfois farouchement, à un pays où je ne suis pas allé depuis vingt-cinq ans. De nombreux immigrants, j’en suis sûr, ont un sens beaucoup plus fort du pays qu’ils ont laissé derrière eux et donc, pour eux, cela a peut-être moins à voir avec le fait d’être coincé entre deux mondes qu’avec celui d’évoluer entre deux réalités. Dans le cas de Sépha, il a physiquement laissé l’Éthiopie derrière lui et il vit avec cette absence, qu’il refuse d’oublier, car la nostalgie et les souvenirs sont tout ce qu’il possède.
Votre titre est tiré de L’Enfer de Dante. Pouvez-vous nous citer ce passage et nous expliquer quels en sont les liens avec votre roman ?
Le passage vient des derniers vers de L’Enfer, au moment où Dante se prépare à quitter l’enfer. « À travers un pertuis rond je vis apparaître certaines des belles choses que porte le ciel, et nous nous sommes avancés pour voir une fois encore les étoiles. » J’ai lu La Divine Comédie à l’université, j’ai ensuite lu des passages de la traduction de Robert Pinski, il y a des années de cela. Ces derniers vers me sont toujours restés en mémoire, comme c’est souvent le cas avec des vers aussi merveilleux. C’est l’idée de beauté qui m’a avant tout frappé. C’est une idée centrale au roman, c’est un mot qui est répété tout au long du récit. Dante n’a pas encore atteint le ciel, et il ne l’atteindra qu’après son passage au Purgatoire, il y a donc une ambiguïté dans le langage. Ces belles choses ne sont encore ni nommées ni décrites, et elles ne le seront que lorsque Dante aura enfin atteint le ciel. Mais, bien sûr, il peut tout de même avoir un léger aperçu de ce qu’est cette beauté. Il sait qu’elle est là, même s’il ne l’a pas encore atteinte. Joseph, un des protagonistes du roman, est attaché à cette idée d’un ciel visible quoique non encore atteint, dans laquelle il voit une métaphore de sa conception de l’Afrique.
Sépha et ses deux amis, deux immigrants africains, Ken et Joseph, jouent régulièrement à un jeu pour le moins caustique. L’un d’eux nomme un obscur dictateur africain, et les autres doivent trouver le pays et la date du coup d’État qui l’a placé au pouvoir. Pourquoi sont-ils aussi amers et désespérés, en ce qui concerne leur continent ?
Je ne les vois pas comme désespérés. Amers, certes, mais alors il s’agit d’une amertume née de l’amour. S’ils n’aimaient pas et s’ils ne pleuraient pas leurs pays d’origine, et même le continent tout entier, ils ne passeraient jamais autant de temps à se moquer et à faire l’éloge funèbre de l’Afrique. Ils sont réalistes, chacun à son niveau, et ce qu’ils se refusent à faire, c’est à sentimentaliser les échecs du continent, et en particulier les échecs des dirigeants.
Vous venez de publier pour Rolling Stone un texte important sur la crise du Darfour, et vous allez vous rendre en Ouganda pour en écrire un autre. Quelle est votre opinion sur l’avenir de l’Afrique ?
Je continue à voir en Afrique plus d’espoir et de potentiel que de désespoir, et je dis cela après avoir vu le continent dans les pires circonstances. Si je suis allé au Darfour et si je me rends maintenant dans le nord de l’Ouganda, c’est en partie parce que, comme nombre d’Africains, j’en ai assez de voir les conflits de ce continent décrits en termes d’« enfer », ou qualifiés d’« infernaux ». Oui, il y a bien là-bas plus de misère et de souffrance qu’aucun être humain ne devrait en supporter, mais, même dans le cas du Darfour, ce n’est pas là toute l’histoire. Sous cette misère et sous cette violence, se trouvent des gens remarquables qui continuent à tenir et à survivre malgré leurs leaders corrompus.
Traduit de l’américain par Anne Wicke